25 juin 2007
Excuse moi c’est une erreur
Ma participation à la consigne 48 de Paroles plurielles:
une phrase obligatoire se retrouvera soit comme incipit, soit comme
dernière phrase, à vous de choisir :"Excuse-moi, c'est une erreur..."
Excuse moi c’est une erreur
Je me suis perdu dans les couloirs de cet hôtel et quand j’ai vu la porte entrouverte j’ai su que c’était là que tu m’attendais.
«
Impatiente de frémir sous ton souffle, à l’endroit habituel à partir de
22 heures », ton message était clair et j’y ai répondu en courant comme
les autres fois.
Quand je suis entré tu as fermé les yeux, et laissé mes mains remplacer les tiennes et t’investir doigt à doigt, grain à grain.
Ton corps frémissant sous ma caresse s’est incrusté dans le mien courbe après courbe, creux après creux.
Ma
bouche a parcouru tes cheveux et j’ai respiré doucement l’ambre de ton
parfum et les effluves poivrées de ta peau, ce subtil et enivrant
mélange qui me projette au delà du réel.
A peine arrivé, et j’étais déjà au bord de l’extase stimulé par ces infinies variations apportées à ton corps.
Ces
seins légèrement plus ronds, ces hanches à peine plus pleines, et cette
odeur de jasmin si délicate qui pimentait l’air ambiant.
C’était trop intense et j’ai vite succombé.
Tu as poussé la porte de la salle de bain et quand tu es passée dans la lumière j’ai vu avec stupeur que tu m’étais inconnue.
Mais tu t’es retournée avec un petit sourire et tu as dit, attends moi je reviens.
Et je suis resté.
12 mai 2007
Les corbeaux de Monsieur Robert
Il y a déjà un moment que nous n’avons pas vu ce chenapan de Robert, je commence à avoir faim et il n’y a plus rien à manger sur cette carcasse. Il va nous falloir attendre le week-end, il pourra alors reprendre sa chasse.
Ceux de la ville vont revenir, ici « dans ce coin perdu et si pittoresque avec ses habitants tous de noirs vêtu et à la mine grave », comme c’est écrit sur le guide touristique de la région.
Le bruit, les gamins qui piaillent en courant partout et qui nous jettent des pierres, la musique braillante et nasillarde. Et puis et surtout toutes ces femelles qui déballent leur chair blanche et molle.
Mais Robert veille, il sait trouver celles dont personne ne remarquera l’absence, celles qui viennent seules, celles qui cherchent à s’accoupler. Elles finissent toujours par s’isoler et il sait les amener en douceur, ici dans le marais.
Elles sont toutes pareilles quand elles arrivent ici, le regard énamouré, un peu étonnée par l’endroit à la fois séduite par son caractère sauvage et toutes des fleurs flottantes mais inquiète par l’atmosphère putride.
Et Robert qui leur parle à l’oreille et les tenant par la taille.
Mais cela ne dure pas longtemps, il fait son œuvre vite et bien et laisse le corps en offrande aux habitants.
Robert, tu es la main de Dieu.
26 avril 2007
Education
C’est les vacances scolaires mais cette année l’institutrice de la classe unique de l’école du village va rester ici.
C’est une insolente qui a été visitée par le malin a dit maman quand on lui a rapporté qu’elle niait les œuvres de notre seigneur. C’est lui qui a créé chaque chose et ce monsieur Darwin qu’elle évoque, n’est qu’un imposteur pervers et misérable.
Je vais lui faire la leçon et elle sera bien sage, c’est moi le maître maintenant et elle obéit. Elle n’a pas le choix je l’ai déjà puni et elle a compris que j’avais le pouvoir de vie et de mort.
Peu importe le temps que cela prendra mais elle va apprendre la leçon de l’ordre du monde tel que le décrit le livre saint.
De toutes façons elle a irrité maman et donc aussi le dieu de bonté qui du haut des cieux contemple les cloportes que nous sommes.
Elle ne sera plus là à rentrée et les dames se relaieront comme depuis toujours pour assurer l’éducation dans la ligne du dogme vrai, sans déviance.
A genoux devant la miraculeuse révélation.
17 avril 2007
Le redempteur
On ne voit presque plus de traces, à peine quelques traînées sur l’allée quand j’ai tiré le corps dans l’ombre des fourrés. Il ne plaisait pas à maman ce pasteur, trop jeune trop sûr de lui, trop arrogant.
Ses cheveux longs attachés derrière la tête comme ceux d’une fille était une véritable insulte à la communauté. Réunir ENSEMBLE, pour l’instruction religieuse tous les enfants, mélanger filles et garçons, fils de bonne famille et chenapans de pauvres, était une véritable hérésie favorisant toutes les turpitudes.
Nous ne sommes pas à la ville ici, tout est propre, nous veillons, rien ne peut échapper à notre sainte vigilance.
Je suis le rédempteur, je rachète avec le sang leur âme fourvoyée.
Tout est tranquille maintenant, personne ne perturbe l’ordre en traînant les rues après la prière du soir.
15 avril 2007
Sale chat
J’ai fini par le piéger ce chat, il ne chassera plus sur mon territoire. C’est à moi que maman a demandé de la débarrasser de tous ces rongeurs qui rampent leur grande queue en laissant des crottes partout. C’est mon travail je sais comment les attraper et comment les punir, doucement, en silence. Ils doivent comprendre que je suis la main choisie pour leur imposer la loi divine, c’est mon pouvoir.. D’ailleurs j’extermine tout ce qui se permet de venir salir notre territoire, cette vermine, ce fléau comme c’est dit dans la bible de maman.
J’ai même empoisonné le chien de la ferme à coté. Ce gros pataud hurleur il ennuyait maman, pendant la prière. C’était un animal du démon, et ses maîtres ne valent pas mieux que lui un ivrogne fornicateur et une catin comme disent les dames qui viennent prendre le thé le mardi après-midi à la maison. Un jour, plus tard quand je serais grand j’irai leur parler de leurs pêchés, je les ferai expier.
Il faut que je me débarrasse de cette carcasse et que je nettoie le tournevis que j’ai utilisé pour lui crever les yeux avant de le noyer dans la citerne à eau. Je ferai cela demain avant d’aller à l’école. Il faut que je me lave les mains avant de les joindre pour la prière. Maman à l’œil pour repérer la moindre souillure c’est sa mission elle me l’a dit : Il te regarde à travers mes yeux et c’est lui qui guide la main qui te maintient dans le monde des purs.
Merci pour ta bonté Seigneur.
13 avril 2007
Mauvaise soirée
J’ai encore une fois passé une mauvaise nuit. Le matin arrive et je
suis encore loin de la maison. C’est à chaque fois le même chose je
suis vraiment trop gentil avec les autres. Je n’aurai jamais dû
accepter d’aller cette soirée entre célibataires organisée par la
responsable du comité d’entreprise.
Il y avait trop de monde, trop de bruit, trop d’alcool, trop de tout.
Trop
de filles surtout, je me demande d’où pouvait bien venir toute cette
bande d’excitées qui caquetaient sans cesse en prenant des poses. Une
soirée entière à blablater du rien, à tortiller leur indécence et à se
bousculer pour scotcher les regard avides des quelques mâles présents
en jaugeant leur entrejambe dans de grands éclats de rire.
J’ai
serré les points très fort en pensant à maman quand je me suis approché
doucement avec un sourire niais des trois diablesses qui menaient la
danse au centre du salon. J’ai vu leurs crocs de louve saillir lorsque
dans un grand sourire elles m’ont examiné, j’étais le vilain petit
canard prêt à être dévoré.
Quand la plus grande, la plus forte, la
plus débraillée, la plus arrogante m’a susurré à l’oreille en posant sa
main très haut sur ma cuisse :- viens faire un tour avec nous petit
homme on va te montrer le paradis, je savais que j’avais gagné.
C’est
terminé maintenant j’ai creusé, creusé et encore creusé, elles sont
bien enfouies sous cette masse de terre.Elles ont cessé leurs
vilainies, en guise de paradis je leur ai fait découvrir l’enfer. Maman
va être fière de moi.Mais il faut que je me dépêche, le jour se lève,
tout doit être bien rangé et bien propre dans la maison quand elle va
descendre de sa chambre.
Publié le 22 mars 2007 dans Perroquet bleu 9 avril 2007
12 avril 2007
Marie-Madeleine
Mais qu’est que je fais encore là, je m’ennuie, la pendule est arrêtée sûrement.
Je n’ai plus rien à lui dire et ce qu’elle me bavarde dans les oreilles ne m’intéresse plus pas blablabla…
Et cette fumée qui me toxiconne les poumons et me goudronne l’intérieur du crâne en tapant son boum boum boum habituel.
Blablaba
boumboumboum, je n’aime pas cette musique, elle m’épuise et me tasse
dans le fauteuil, un jour prochain je ne saurai plus me déplier.
Je suis devenu tout rabougri du sexe, je me demande s’il est encore capable de cracher son insolence.
Peut-être
que je devrai penser à me lever un jour pour aller vérifier ça auprès
des Marie-Madeleine qui exposent dans le secteur de la gare du Nord
leur marchandise en vitrine.
Tu viens chéri, petite gâterie et plaisir garanti.
Maman
quand elle était encore là m’y envoyait une fois par trimestre, c’est
pour ton bien me disait-elle mais fais attention qu’elle soit bien
propre.
Publié le 22 mars 2007 dans Perroquet bleu 27 mars 2007
10 avril 2007
Attente
Pff, une heure que je l’attends, elle ne viendra pas c’est sûr et puis quel drôle d’endroit pour donner un rendez-vous. Pourtant son Email était bien clair : 22 heures au pied de la basilique ‘Sainte Marie-Madeleine’.
Il fait froid et je crois qu’il va pleuvoir, sale temps, sale plan, sale fille.
J’aurais dû me méfier, c’était trop facile et moi je suis toujours aussi naïf
J’imagine déjà la mine des habitués du ‘Bougnat’ le bar de nuit où je traîne ma solitude tous les soirs.
Leur sourire quand je vais entrer et l’air faussement innocent avec lequel ils vont me demander de leur raconter la rencontre.
J’aurais mieux fait de la fermer.
Mais je me vengerai, j’ai toujours sur moi de quoi les faire taire et elles font moins les fières quand je les tiens à ma merci.
Je l’ai promis à maman, les vilaines filles doivent être punies, toutes.
Tu es la seule maman, je t’aime.
Publié le 22 mars 2007 dans Perroquet bleu 22 mars 2007 c'est le premier fragment de l'horrible vie de Monsieur Robert.
09 avril 2007
Mais je rêve encore là !
J’étais avec Paulo au Furious le bar de nuit où nous traînons habituellement le soir et j’ai poussé la porte du fond. Ce n’est pas possible, je suis sûr qu’il y avait un petit bonhomme peint dessus.
C’est fermé maintenant. Les autres portes communiquent entre-elles par des passerelles mais celle où je suis est bloquée.
De toutes façons cela n’existe pas, ça ne peut pas exister, je le saurai.
Ce n’est pas la première fois que je pousse cette porte, il y a toujours du monde qui traîne là. C’est même souvent un peu glauque, entre le distributeur de préservatifs et la tablette en verre devant le miroir que l’on pourrait offrir à la SNCF tellement elle à reçu de rails.
Cet immeuble de l’autre coté de la rue il n’a jamais été là et puis je suis au rez-de-chaussée, on descend une marche pour entrer dans le bar, c’est tout. Une seule marche, même que l’autre jour Nadia l’a petite roumaine qui fait des passes dans la quartier y a trébuché. C’est à cause de mes talons m’a-t-elle dit quand je l'ai relevé. Je revois la scène j’ai même eu honte d’avoir plongé le regard sur sa poitrine découverte. Elle a à peine vingt ans, c’est encore une gamine.
Je n’entends même plus la musique qui habituellement cogne toute la soirée son ambiance rock bien carrée. Cela couvre les conversations et les rires de la faune qui rode la nuit dans cet endroit installé dans une petite rue du centre ville.
Mais là ce n’est plus le centre ville c’est ailleurs !
Et puis on dirait le matin ici, cette lumière n’est pas là, il fait nuit à cette heure.
Mais où suis-je ?
Help !
S'il vous plait quelqu’un.
Publié le 27 novembre 2005 dans Perroquet bleu
08 avril 2007
Difficile lendemain
J’ai la tête qui tourne, non en fait je crois que c'est la pièce qui fait des ronds autour de moi. Des ronds et puis des bonds. Tout ce bleu aussi, sous la lumière c'est bien trop violent, j'ai les yeux sensibles, cette couleur des Sud ensoleillés est insupportable.
Et puis qui c'est lui à coté ? Qu'est-ce qu'il fait là en travers de MON lit?
Si je le réveille je vais être obligée de lui dire deux trois mots avant de le mettre dehors.
Je ne peux pas, je frissonne rien qu'à l'idée du bruit que ça va faire dans ma tête.
Pourvu qu'il ne s'incruste pas, la matinée câline ce sera pour un autre jour, dans une autre vie, dans longtemps.
Une douche, une énorme théière bien chaude et le silence, le vrai silence.
Mais qu'est ce que j'ai bien pu faire hier soir pour être dans cet état ?
Je me souviens vaguement d'être entrée au 'Furious', de la Harley du patron dans l'entrée, ça lui sert de parking et de déco, de son crâne chauve et luisant, de son sourire jovial. Rien d'autre, sauf peut-être de la fumée et une musique qui cogne avec sur un grand écran la haut au dessus du bar , un concert des Stray Cats.
Je vieillis, avant je me souvenais au moins de leur prénom.
Ecrit le 18novembre 2005 pour répondre à la consigne N°2 de Paroles plurielles
